
Pour assurer la perpétuation des essences économiquement viables, il est nécessaire de mieux connaître la forêt dense humide de cette région. Avec l’appui financier de la France, le ministère des Eaux et Forêts met en place au début des années 1980 ce « dispositif permanent d’étude de la dynamique des peuplements naturels », au sein d’une concession de la Société centrafricaine d’agriculture et de déroulage (SCAD). Depuis 1982, une dizaine de parcelles de 9 hectares (zones tampon comprises), ont ainsi été délimitées. Trois ans plus tard, sept d’entre elles étaient mises en exploitation, alors que trois parcelles « témoins » restaient à l’état de forêt primaire.
Depuis, chaque année, plus de 35 000 arbres sont comptabilisés, mesurés, numérotés, et marqués, lors d’une campagne d’inventaire vers avril-mai, impliquant une quinzaine d’ouvriers. « L’équipe est constituée de mesureurs, de marqueurs, mais aussi de porteurs d’échelles, précise Félix. Quand les contreforts de l’arbre (excroissance du tronc à la base de l’arbre) sont trop importants, on doit parfois monter jusqu’à 4,50 m pour le mesurer. » Des arbres meurent, d’autres, qui atteignent 10 cm de diamètre, se voient créer une fiche identique aux autres, où toute leur vie sera consignée.