
En prélude à la COP30, Luiz Inácio Lula da Silva, dit « Lula », président du Brésil à nouveau depuis 2023, avait appelé à une sortie « juste » et « ordonnée » des énergies fossiles. « La Terre ne peut plus supporter le modèle de développement basé sur l’utilisation intensive de combustibles fossiles qui a prévalu au cours des 200 dernières années », avait lancé le Président Lula au deuxième et dernier jour du sommet des dirigeants précédant la COP30.
Le compromis final issu de la COP 30, validé par l’ensemble des pays – y compris producteur pétroliers-, rappelle le « consensus de Dubaï », mais est considéré cependant globalement insuffisant, à la fois par les pays européens du fait du manque d’ambitions environnementales, mais aussi par nombre de pays du Sud, du fait d’engagements financiers insuffisants.
Le texte final de la COP 30 de Belém s’était montré en particulier peu ambitieux face à la pression des producteurs de pétrole et de gaz, l’accord de Belém n’appelant ainsi qu’à accélérer l’action de sortie des énergies fossiles que de façon « volontaire ». Cette COP a toutefois été l’occasion du lancement du TFFF (Tropical Forest Finance Facility), sous l’impulsion du Brésil, de l’appel de Belem pour les forêts du Bassin du Congo, et de l’annonce d’un triplement des budgets dédiés à l’adaptation des pays en développement au changement climatique.
Le Brésil, 8e producteur de pétrole au monde (avec 3,4 Mb/j en 2024), le 1er producteur d’Amérique latine, envisage d’ailleurs d’augmenter encore sa production dans le futur (Petrobras projette d’exploiter le gisement offshore au potentiel considérable de « Marge équatoriale » qui s’étend sur 350 000 km2 à environ 500 km de l’embouchure de l’Amazone), malgré ces prises de position du Président Lula et les oppositions des ONG environnementales locales. Entre enjeux de développent économique et politiques climatique, les choix sont souvent contradictoires.
Malgré tout, quatre mois après cette COP de Belém, le Brésil, qui a ratifié la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et a ratifié le Protocole de Kyoto en 2002 puis celui des accords de Paris, lesquels protocole et accord contraignent les pays signataires à encadrer leurs émissions de CO2 avec comme objectif la réduction des émissions de gaz à effet de serre, désormais à horizon 2035, soumet en mars 2026 une nouvelle contribution déterminée au niveau national (CDN) de son plan Climat, fixant désormais un objectif de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre (CO₂, CH₄, N₂O, HFC, SF₆ et PFC) de 59 % à 67 % des niveaux d’émissions 2005, et ce à l’horizon 2035 !
Si cette CDN conserve les axes principaux antérieurs dont :
, le nouvel engagement majeur présenté en mars 2026 par le Président Lula consiste à la baisse de la déforestation à zéro d’ici 2030 !
Ce nouvel objectif consacrera ce secteur comme « le principal vecteur de réduction des émissions jusqu’en 2035», dixit le Président Lula. Selon les données officielles, en 2022, la déforestation générait 40 % des émissions de gaz à effets de serre au Brésil. Cette déforestation est surtout pratiquée illégalement, notamment pour agrandir les surfaces agricoles. Le Brésil s’engage à jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique car il abrite l’Amazonie, plus grande forêt tropicale de la planète et considérée comme essentielle pour absorber les émissions de carbone à l’échelle mondiale.
Pour parvenir à réduire puis rendre nulle cette déforestation, le Brésil table sur un large éventail d’actions dans divers secteurs. Le plan prévoit par exemple :
Au cours de ces deux premiers mandats entre 2003 et 2011, « Lula avait réussi à diviser par pratiquement quatre le rythme de la déforestation. Même si ses successeurs ont partiellement relancé la déforestation au Brésil l’on ne peut donc remettre en cause la volonté et la faisabilité du Président Lula de son engagement à réduire cette déforestation. Depuis sa réélection en 2023, la déforestation dans l’Amazonie brésilienne a déjà chuté de 35% entre août 2025 et janvier 2026, avec 1.324 km2 déboisés sur cette période, selon l’Institut national de recherches spatiales (Inpe).

Cette démarche du gouvernement brésilien est donc porteuse d’espérances. Les suivis annuels de la déforestation ci-dessus semblent concrétiser cette ambition !
Il faut toutefois rappeler que le Brésil s’était déjà engagé par le passé à réduire la déforestation, que ce soit au niveau de l’état fédéral (en particulier via les politiques adoptées et grâce aux systèmes de suivi satellitaires) ou via l’engagement d’acteurs économiques (des filières du soja ou de la production de bœufs), et que d’importants programmes de coopération, dont plusieurs en partenariat avec la France, ont été menés pour contribuer à réduire cette déforestation. En voulant réduire à zéro cette déforestation d’ici 2030, le brésil affirme davantage encore son ambition environnementale et climatique.