La Restauration des paysages forestiers (RPF), comment répondre aux attentes des populations locales ?

Régénération naturelle assistée mais/manioc/arbres à Botéké en RCA
Villageois de Botéké (RCA) présentant les arbres conservés par RNA, au cours d’une succession de cultures maïs-manioc-bananiers©Régis Peltier
7 juillet 2024

L’implication des populations locales est considérée à bon escient comme une des clés de la réussite des projets de restauration des paysages forestiers (RPF) dont les formes varient suivant le contexte : protection et renouvellement naturel des forêt existantes, boisement et reboisement, régénération naturelle assistée (RNA)…

Nombre d’organismes éditent des guides méthodologiques pour prendre en compte cette dimension humaine dans la conduite des projets de restauration et ainsi favoriser leur réussite tant technique, sociale que leur efficacité  financière (voir l’article sur le guide « Dimensions humaines du RPF édité par diverses organisations (IUFRO, WWF, SER, Université de Lausanne, dans la Lettre d’informations forestières n°2 de juillet 2024).

Le Conseil scientifique et Technique tropical (CSTF) vient  de produire une note de politique N° 4, sur l’implication des populations locales dans la restauration des paysages forestiers, qui fait suite à sa note de politique N° 2 sur l’opérationnalisation de ces projets.

https://www.cst-foret.org/ressource/note-de-politique-n-2-loperationnalisation-de-lapproche-de-la-restauration-des-paysages-forestiers-en-question-decryptage-et-perspectives/

Celle-ci définit 8 recommandations pour améliorer les RPF avec les populations locales :

  1. Intégrer les projets dans des interventions de développement rural plus larges
  2. Allonger le temps d’intervention des projets
  3. Réaliser des diagnostics complets
  4. Proposer une diversité de solutions et un appui technique régulier et de proximité
  5. Ancrer les initiatives de restauration forestière dans des filières économiques générant des revenus pour les populations locales
  6. Anticiper le partage des futurs bénéfices de la restauration forestière
  7. Améliorer le suivi des projets dans le temps
  8. Faire évoluer le cadre légal et favoriser la mise en place d’instruments d’accompagnement techniques et financiers adaptés

 

Découlant de cette approche, se posent dès lors des questions relatives à l’autonomie des populations autochtones et des communautés locales à exprimer leurs besoins, à la considération de leurs revendications par les communautés nationales et internationales, aux  renforcements si nécessaire des capacités de ces communautés locales à émarger aux financements internationaux et à les gérer, alors qu’aujourd’hui les financements internationaux conséquents mis en place dans le domaine de l’afforestation ou de la reforestation, et les financiers qui les attribuent, favorisent de fait les grands projets, et les institutions et structures de dimensions nationales, voire internationales, qui les pilotent. Une nécessaire adaptation de ces financements en terme microéconomique, en terme social, en terme administratif, en terme temporel qui puisse s’avérer compatible avec le temps humain.. permettra de répondre à ces attentes et mieux accompagner ces démarches locales.

C’est dans  ce cadre qu’un mois et demi après l’atelier-itinérant qui a eu lieu dans l’État du Pará (Brésil), une délégation internationale composé de représentants de populations locales s’est réunie au sud du Cameroun pour un nouvel échange sur ces sujets. Ce projet financé par l’AFD, est piloté techniquement et socialement par un consortium de 3 associations AGTER, AGCT et TINTA.

https://www.cst-foret.org/actualite/le-consortium-agter-agct-tinta-reunit-16-representants-des-peuples-autochtones-et-des-fonds-communautaires-au-sud-du-cameroun/

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