
« Concilier la conservation des écosystèmes forestiers malgaches avec leur valorisation est possible », c’est le concept développé dans l’ouvrage intitulé « Gestion publique des forêts de production à Madagascar : 1997 -2024 », que nous venons de publier aux éditions malgaches Tsipika et sur le net aux éditions Nombre 7… », déclare Guybertho Randrianarivelo, enseignant chercheur et Maître de Conférences à l’Université d’Antananarivo, également membre de l’AFT.
L’ouvrage, rédigé par Guybertho Randrianarivelo et ses collègues Zo Rabemananjara, ingénieur forestier à l’Ecole Supérieure des Sciences Agrnomiques (ESSA) et Éric Rabenasolo, docteur de l’Ecole Doctorale Gestion des Ressources Naturelles et Développement (ED GRND), avec l’appui d’Alain Bertrand (Edenia Consult, membre de l’AFt) et Pierre Montagne (retraité CIRAD, membre de l’AFT), a été présenté au cours du mois de juin 2025 à Sahanala Ambatobe, en présence des auteurs malgaches aux représentants de l’administration forestière, aux acteurs de la filière forêt-bois, ainsi qu’aux élèves ingénieurs forestiers et étudiants en géographie de Madagascar.
On notera cette première éditoriale avec cet ouvrage édité simultanément par un éditeur malgache : Tsipika Editions & Librairie pour une diffusion nationale et par l’éditeur en ligne Nombre 7 pour une diffusion à l’international en version ebook à prix réduit (9 euros)

Ce travail remarquable retrace et analyse d’abord la gestion forestière à Madagascar sur plus d’un quart de siècle, dans un pays en proie à la déforestation, à travers des résultats de recherche rigoureux. Puis en sont tirées des propositions stratégiques et opérationnelles.
« …A partir des résultats des travaux qui font le lien entre des approches théoriques et des mises en pratique concrètes, nous avons démontré que l’interdiction de l’exploitation à court ou à moyen terme ne fait que favoriser l’exploitation illicite de ces ressources. L’effectif réduit des agents forestiers de l’Etat a pour conséquence que le contrôle forestier de l’exploitation ne pourrait être effectif qu’avec l’appui des acteurs locaux notamment issus des communes et des communautés. Il est temps d’engager une réflexion plus pragmatique au moyen d’une action soutenue par le gouvernement de mettre en place des instruments techniques convenables et adaptés tels que : la traçabilité des flux, la fiscalité décentralisée, la certification forestière des produits commercialisés le contrôle forestier décentralisé et auto financé pour lutter contre l’exploitation clandestine.
Madagascar ne pourra pas maintenir indéfiniment la position actuellement défendue de « conservation sous cloche » du Domaine Forestier National. C’est une erreur stratégique et économique. Cette position pénalise à terme l’économie et les acteurs dont les activités dépendent de l’exploitation forestière et ils n’ont d’autre issue que de se réfugier dans l’illégalité voire la totale clandestinité. Il ne faut pas confondre non plus la gestion d’une réserve naturelle avec les nouvelles aires protégées à gestion communautaire. Après une longue période de crise et d’incertitude dans le secteur forestier, il serait convenable de redonner de la chance aux opérateurs forestiers malgaches et aux communautés dont la survie dépend de la valorisation des produits forestiers ligneux (PFL) et non ligneux (PFNL).
Une proposition d’amélioration de la servitude forestière et d’application de l’aménagement multi couches ou multi ressources est avancée. Il s’agit de reconsidérer zone par zone l’occupation réelle des zones forestières pour reconnaitre le droit usufruitier des communautés et des acteurs. L’aménagement multi couches ou multi ressources consiste à mettre en place un aménagement avec un zonage considérant la capacité de production réelle de la forêt. Une proposition d’amélioration de la servitude forestière et d’application de l’aménagement multi couches ou multi ressources est avancée. Il s’agit de reconsidérer zone par zone l’occupation réelle des zones forestières pour reconnaitre le droit usufruitier des communautés et des acteurs. L’aménagement multi couches ou multi ressources consiste à mettre en place un aménagement avec un zonage considérant la capacité de production réelle de la forêt. »
Les auteurs soulignent que l’interdiction de l’exploitation des forêts naturelles de 2019 n’a donc fait que favoriser et généraliser l’exploitation illicite.
Dans le contexte de la conception de la nouvelle loi forestière, cet ouvrage démontre qu’il est donc possible de concilier conservation des écosystèmes forestiers malgaches et valorisation durable de leurs ressources, en impliquant les opérateurs forestiers malgaches et les communautés concernées. Ce défi exige cependant la mise en place de cadres indispensables, notamment la reconnaissance des droits coutumiers des communautés villageoises, une sensibilisation de ces communautés à l’application d’une gestion forestière durable, le renforcement des contrôles forestiers, ainsi que l’instauration de systèmes de traçabilité fiables.

(l’article de Narindra Rakotobe du Midi Madagasikara du 13 juin 2025)
Pour acheter le livre à Madagascar :
https://www.facebook.com/editiontsipika/?locale=fr_FR
https://boutique.laterit.fr/fr/supplier/37-editions-tsipika
Pour acheter le livre en version ebook (au prix de 9 euros)